jeudi 29 janvier 2015

Prisons françaises, état des lieux

Grégoire Korganow a photographié les Air Max 90 prisons françaises pour le Contrôleur général des lieux de privation de liberté de janvier 2011 à janvier 2014. Il nous livre une vision sans pathos du milieu carcéral.
La prison et son univers clos exercent une fascination chez les photographes. Raymond Depardon, Jane-Evelyn Atwood, Lizzie Sadin, pour n'en citer que quelques-uns, se sont battus pour obtenir l'autorisation de pénétrer derrière les barreaux. Leur traitement en noir et blanc accentuait l'aspect dramatique de l'incarcération. Grégoire Korganow a choisi la couleur pour témoigner de l'isolement des détenus et des conditions souvent misérables dans lesquelles ils vivent au quotidien. En 2010, sa rencontre avec Jean-Marie Delarue, alors Contrôleur général des lieux de privation de liberté, aboutit à sa nomination de contrôleur qu'il exercera pendant tn pas cher trois ans dans une vingtaine d'établissements pénitentiers en France.
Sa fonction d'observateur induit sans doute l'aspect frontal et sans effet de ses images. À la bonne distance, il dépeint l'enfermement et l'accumulation de traitements indignes par petites touches. Il s'imprègne de la géographie des lieux, son dédale de coursives, ses cours de promenade redoutées pour leur violence, ses douches ou ce qui est tenu pour telles. Nous ne saurons pas où ces photos ont été réalisées pour des raisons de sécurité et aussi finalement parce que toutes les prisons se ressemblent une fois qu'on est derrière les barreaux.
«Je reste entre cinq et dix jours dans chaque prison. Je peux tout photographier, l'intérieur des cellules, la cour de promenade, les parloirs, les douches, le mitard (quartier disciplinaire)… Le jour, Nike TN la nuit. Aucun lieu ne m'est interdit. Je saisis l'indicible, le temps qui s'arrête, la vie qui rétrécit, qui s'efface», raconte le photographe.

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